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13.04.2008
"C'est faisable"
Nos voisins transalpins votent aujourd'hui pour renouveler leur Parlement.
Dans ces élections, Silvio Berlusconi, apparemment grand ami de Nicolas Sarkozy, est sans aucun doute le grandissime favori : les derniers sondages dont la publication a été autorisée (il est interdit d'en divulguer pendant la campagne officielle pour ne pas influencer le vote) lui donnaient environ 9 points d'avance sur Walter Veltroni (centre-gauche) et son tout nouveau-né "Parti Démocrate". Par l'ironie du sort, la seule chose qui semble pouvoir empêcher Berlusconi de revenir aux manettes c'est la loi électorale qui lui-même a fait voter à la hâte pendant son dernier mandat pour barrer la route à la gauche, loi qui lui a déjà couté a défaite en 2006.
Dans ce contexte assez chaotique, ces élections se caractérisent par deux nouveautés politique de premier plan.
Pour les apprécier à leur juste valeur, on rappellera que l'Italie a été, malgré les apparences, un pays profondément bipolaire depuis qu'elle devenue une République en 1948. D'abord avec les blocs du Parti Communiste et de la Démocratie Chrétienne (et satellites respectives), ensuite par la confrontation de la "Maison de la Liberté" (Berlusconi) contre "l'Olivier" (Prodi, liste d'union de la gauche).
Aujourd'hui ce schéma est, au moins le temps d'une élection, volé en éclats.
Le "Parti Démocrate" a été crée en fusionnant les centristes "sociaux" avec l'ancien parti majoritaire de la gauche. Ce dernier a payé un prix lourd, car toute son aile gauche s'en est détaché. Ce parti a pris le pari de se couper de l'alliance a gauche en privilégiant l'établissement d'un projet politique a long terme à la possibilité immédiate de réélection.
De même, l' "Union du Centre", l'héritier le plus en vue de la Démocratie Chrétienne, a décidé de se détacher d'un Berlusconi étouffant. Là encore, la priorité a été donnée à la proposition politique plutôt qu'à la rente à court terme.
L'expérience de nos voisins porte-t-elle des enseignements utiles dans le contexte français ?
Une, au moins. Qu'une politique moins esclave des petits calculs à court terme "Si puo' fare!" ("C'est faisable!" - slogan électoral du Parti Démocrate)
11:40 Publié dans Europe , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




